Solidarites International

 
La vie en ville est souvent synonyme d’un meilleur accès aux services, d’opportunité de travail, et d’une plus grande liberté et de choix en termes de lieux d’habitat. Lorsqu’on est réfugié syrien au Liban, la ville se transforme vite en carcan étouffant.

C’est l’expérience qu’en a fait Nour Hifaoui Fakhoury en rejoignant le projet. Au cours des rencontres avec les familles de réfugiés syriens qui vivent dans les banlieues de Tripoli, Nour a découvert le stress et la peur quotidienne des famille, mais aussi leur désir de fuir pour trouver une vie meilleure de l’autre côté de la méditerranée.
La plupart des personnes que Nour a rencontré et qui font partie de sa bande dessinée vivent dans ce qu’on appelle communément la « ceinture pauvre » de Tripoli, c’est-à-dire les banlieues environnantes de Kobe, Abou Samra, Bab el Tabené et Jabal Mohsen qui ont fait les frais de violents conflits en 2012. Dans ces quartiers la population et la vie y est dense, mais aussi insalubre et chère, comparée à la Syrie.

Parmi la population de réfugiés présente dans ces quartiers on trouve des citadins de Homs et des ruraux de la région d’Idlib, Hama et des alentours de Homs. Chacun s’habitue comme il le peut à ce nouveau pays, ces nouvelles traditions et règles. « En Syrie, les femmes étaient les reines de leur maison, elles ne sortaient pas. Au Liban, c’est différent, et c’est difficile pour les familles de s’ouvrir à ces nouvelles habitudes tout en voulant préserver leurs traditions » précise Nour.
A la ville comme à la campagne la communauté réfugiée syrienne fait face aux check points et contrôles constants. Une absence de papier équivaut à un aller en prison pour une durée allant de quelques jours à quelques semaines. Pendant ce temps-là, impossible de subvenir aux besoins de la famille et impossible de régler le prix de la régularisation de papier, d’un montant de 200$ par adulte et enfants de plus de 14 ans.
 
Puisque chacun est cloitré dans son quartier, tout geste quotidien devient compliqué : sortir de chez soi, aller travailler… Les femmes, elles, se font moins arrêter, et sont les plus à mêmes de pouvoir travailler, quand bien même cela se heurte aux traditions de nombreuses familles et qu’elles touchent systématiquement un salaire moindre. « Entre les humiliations quotidiennes et le changement de mentalité, certaines familles perdent pieds. Leurs témoignages sont très forts » explique Nour.

Au niveau de l’habitat, chaque famille loue un lieu de vie, entassés à 40 dans un deux pièces ou à 5 dans un sous-sol sans fenêtres. Dans ces quartiers, SOLIDARITES INTERNATIONAL réhabilite certains habitats, sépare les pièces, ajoute portes et fenêtres, répare les accès à l’eau et aux toilettes et sécurise les entrées ou les balcons pour les enfants. « Lorsqu’on est entré dans l’appartement, j’ai vu une dizaine de paires de chaussures à l’entrée, de toutes tailles. Je me suis directement imaginé le nombre de personnes qui pouvaient vivre dans ce si petit espace » raconte Nour.

Découvrez les témoignages complets dans la bande dessinée de Nour !