Solidarites International

Diala Brisly est une femme et artiste engagée. Lorsqu’elle a rejoint le projet, elle a tout de suite voulu travailler sur une thématique qui lui tenait à cœur : « La relation homme-femme dans les familles de réfugiés Syriens au Liban ».

Pour elle, Syrienne, témoin de la crise en Syrie d’abord, puis en Turquie et enfin au Liban, un gouffre s’est créé dans les relations Homme-Femme au sein d’un grand nombre de familles syriennes, dû notamment à leur situation de réfugié mais aussi au travail des associations et des projets mis en œuvre, souvent inégalitaires dans leur traitement des deux sexes.

Diala explique « depuis le début de la crise, beaucoup d’associations s’en donnent à cœur joie pour financer des projets qui ont pour but de redonner du pouvoir aux femmes. C’est une idée géniale, simplement ces programmes se font au détriment des hommes qui subissent eux aussi une pression extrême causée par leur situation de réfugié. C’est de cela que je veux parler. Du bouleversement familial qui s’est opéré dans certaines familles réfugiées prises en charge ou non par des associations ».

En effet, dans les sociétés arabes traditionnelles, l’homme est le pilier de la famille, le chef et la source de revenus. Au moment de fuir la Syrie, beaucoup de familles se sont démembrées : beaucoup d’hommes sont restés, les femmes sont parfois parties seules avec les enfants trouver refuge au Liban. Une fois arrivés, femmes et enfants ont dû travailler pour subvenir à leurs besoins. Lorsque les familles sont arrivées entières, la situation était tout aussi difficile : impossible de travailler légalement pour les hommes sous peine de perdre son statut de réfugié (et donc l’accès aux aides humanitaires), et impossible de circuler librement. Par conséquent, la recherche de travail est devenue plus compliquée et les hommes ont perdus peu à peu leur statut social de « source de revenu » essentiel à la bonne image de la famille, accroissant la pression sur leurs épaules et le sentiment d’être démuni.

En parallèle, les femmes, pouvant plus facilement se déplacer, ont pu plus facilement avoir accès au marché du travail et renverser, dans certaines familles, la tendance traditionnelle en devenant source de revenu pour leur foyer. Appuyées par un soutien associatif plus intense qu’envers les hommes, ces derniers peuvent se sentir exclus, humilié et les tensions au sein de la famille augmentent parfois.

« Je veux montrer qu’on n’arrivera pas à donner plus de pouvoir aux femmes au sein des familles sans inclure les hommes, pour que chacun trouve sa place et que la famille se relève plus forte de cette situation vulnérable qu’elle traverse» raconte Diala. « Je souhaite que les couples travaillent ensemble et non l’un contre l’autre. Parce qu’il y a de très belles histoires à raconter. Des couples amoureux qui veulent construire un avenir ensemble. Pourquoi en seraient –ils interdits parce qu’ils sont réfugiés ? »

Diala a rencontré de nombreux couples au cours de ses visites sur le terrain, et s’inspire de leurs récits pour créer une bande dessinée fictionnelle inspirée du réel. Chaque personnage est inspiré des personnes rencontrées, les récits sont assemblés les uns avec les autres pour crée les messages que Diala souhaite faire passer au travers de sa bande dessinée.

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