Solidarites International

Comment retrouver le cycle normal de la vie dans une situation à priori anormale ?
C’est la question que pose Lena Merhej dans sa bande dessinée « Là où il y a de la vie il y a de l’amour ». Pour y répondre, Lena a tenté de « trouver une normalité dans la vie de réfugié : s’interroger sur la famille, le travail, les ados, les enfants, les traditions… » . Au cours de ses visites dans les campements informels du Akkar, Lena a parlé mariage, et chaque famille a partagé ses traditions, ses photos, ses souvenirs. Dans le camp de Samouniyeh, un mariage avait été récemment célébré. « Ils en étaient très fier » raconte Lena.

Dans la dernière partie de sa bande dessinée, Lena raconte donc, basé sur les récits de chaque famille, les traditions qui se perpétuent depuis la Syrie jusque dans les campements du Liban. Et même si la vie n’est pas clémente, pas question de célébrer un mariage au rabais. « Tout le monde s’est motivé et à apporter quelque chose » raconte Salam la mariée de Samouniyeh. « On a fait venir une coiffeuse et maquilleuse, on a loué la robe, chacun a cuisiné sa spécialité, on a dansé et chanté ». Une vraie fête au milieu des tentes.
Les traditions ont été conservées «Ma robe a été recouverte d’argent, chacun est venu y déposer un petit billet, avec ça nous somme supposé payer pour notre maison » continue Salam, « Bien sûr, au lieu de la maison, mon mari m’offre une tente, mais tant que nous pouvons être ensemble, peu m’importe » ajoute-t-elle.

Dans une autre famille, on raconte le henné, la préparation de la mariée, la fête entre femmes et entre hommes, on partage les recettes de ragout d’agneau et de patisseries, et on explique la tradition de la pâte à pain que le mari jette sur la porte de la maison, garantie que si la pâte colle, le mariage sera heureux.
Et si toute la famille ne peut pas venir assister au mariage, comme aux naissances ou autres évènements notamment à cause des restrictions de circulation des réfugiés syrien au Liban, « il y a toujours Whatsapp et les photos » conclue Salam.