Solidarites International

Dans sa bande dessinée, Lena Merhej parle de la famille, de ce qu’elle devient une fois la frontière passée, une fois que ces membres sont considérés comme réfugiés. A quoi ressemble une famille qui passe cette épreuve ?

Pour en parler, Lena a choisi l’allégorie de l’arbre généalogique, représenté comme un olivier, avec dans chaque feuille le nom de la personne et le lieu où elle se trouve.

Un olivier, car il est « l’arbre symbole de la région. Il est le symbole de la Palestine, des premiers réfugiés qui sont arrivés au Liban, il est le symbole de la tradition, un arbre avec ses racines implantées si profondément dans le sol, c’est un arbre millénaire… Il a toujours été là et il le sera toujours, peu importe les tempêtes qui ravagent la région» explique Lena.

« Avec les feuilles, j’ai voulu signifier que chaque membre de la famille s’est envolé quelque part. Que si le tronc reste ancré dans la terre et que la famille restera toujours solide et solidaire, les feuilles elles, se dispersent et s’éloignent, avec le vent. C’est ce que j’ai voulu raconter de l’histoire de la famille d’Abou Khaled. Ils sont tous venus ensemble et ont été séparés par les circonstances. Maintenant ils peuvent difficilement se voir, et parfois, ils peuvent même partir sur un autre continent, ce qui rend la séparation encore plus grande. »

« Voilà pourquoi j’ai choisi cette représentation, et de dessiner Abou Khaled et son petit-fils au pied de l’arbre, comme des feuilles qui refusent de s’éloigner du tronc et de laisser une partie de la famille derrière eux si ils devaient partir en Europe un jour… ».